Quand une situation se dégrade, la première question qu'on se pose est presque toujours de savoir qui est en cause. Elle est compréhensible, et elle mène rarement quelque part. Ce qu'on observe sur le terrain, et ce que montre la recherche, c'est que des personnes compétentes et intègres finissent par prendre des décisions qu'elles n'auraient pas crues possibles, parce que le contexte dans lequel elles décident pèse plus lourd qu'on ne l'imagine.
Un diagnostic utile porte donc sur les mécanismes, et jamais sur les personnes. Ce que je cherche, ce sont les conditions qui produisent la situation : ce qui s'est installé progressivement, ce que les mots employés ont fini par recouvrir, ce que le silence des uns a fini par signaler aux autres. Ce sont ces conditions-là qui peuvent changer.